FIABILITÉ.AUTO

Quelle marque a le meilleur taux de réussite au contrôle technique britannique (MOT) ?

Publié le 28 août 2026 · 5 min de lecture

Deux Porsche 911 sur des ponts élévateurs dans un atelier mécanique.
Photo : Iain Cameron — CC BY 2.0

Le MOT (Ministry of Transport test) est l’équivalent britannique du contrôle technique français, obligatoire chaque année outre-Manche dès la troisième année du véhicule. La DVSA (Driver and Vehicle Standards Agency) publie ses résultats de tests en open data — des dizaines de millions de contrôles individuels, marque et modèle renseignés. En agrégeant ces résultats par constructeur, on obtient un classement qui n’existe nulle part ailleurs en français. Voici ce qu’il montre, et ce qu’il ne montre pas.

Le classement par marque

Pour chaque marque, on calcule un taux d’échec moyen, pondéré par le volume de tests, sur toutes les générations suivies (la tranche d’âge la plus testée de chacune). Sur les 29 marques et 757 générations de la section Royaume-Uni du site, voici le haut et le bas du tableau :

Rang Marque Générations Contrôles analysés Taux d’échec moyen
1 Porsche 7 47 700 13,8 %
2 BMW 90 1 680 000 22,5 %
3 Jaguar 12 300 000 22,8 %
4 Audi 27 1 548 000 23,1 %
5 Mercedes-Benz 48 1 722 000 24,2 %
…
25 Peugeot 28 1 368 000 36,2 %
26 Citroën 23 969 000 38,9 %
29 Renault 29 980 000 41,0 %

Le taux d’échec national au MOT, toutes marques et tous âges confondus, tourne autour de 30 % — c’est le repère à garder en tête. Les cinq premières marques passent donc nettement sous cette moyenne, les trois dernières nettement au-dessus : à âge comparable, une Renault du parc britannique a près de deux fois plus de risques d’échouer qu’une Audi.

Deux marques réellement dernières du classement n’apparaissent pas dans ce tableau : Saab (39,7 %) et Iveco (39,3 %). La première n’existe plus depuis 2011 et ne compte que deux générations suivies ; la seconde ne produit que des utilitaires. Avec un échantillon aussi étroit et un usage aussi particulier, les comparer aux généralistes n’aurait pas de sens — le vrai trio de queue exploitable reste Renault, Citroën et Peugeot.

Ce que le classement ne dit pas

Porsche est en tête, mais sur le chiffre le plus fragile du tableau. Avec 47 700 contrôles seulement, la marque affiche le plus petit échantillon du classement — trente fois moins que BMW ou Mercedes. Le parc Porsche du Royaume-Uni est aussi récent, peu kilométré et soigneusement entretenu : autant de biais qui tirent le taux d’échec vers le bas sans dire grand-chose de la robustesse mécanique intrinsèque de la marque. Le peloton BMW / Jaguar / Audi / Mercedes, lui, repose sur des centaines de milliers à plus d’un million de tests chacun : c’est le véritable groupe de tête solide.

Les données MOT mélangent voitures et motos. La DVSA publie tous les contrôles dans un même jeu de données, sans distinguer la catégorie de véhicule. Pour la plupart des marques, ça ne change rien. Mais Suzuki (38 de ses 63 « générations » suivies sont des motos — Hayabusa, Bandit, GSX-R, V-Strom…) et Honda (29 sur 59 — CBR, VFR, Pan-European…) voient leur classement flatté : les deux-roues échouent beaucoup moins souvent au MOT que les voitures. En ne gardant que les modèles automobiles, Suzuki passe d’environ 26,5 % à 28 % et recule de plusieurs places, Honda de 29,2 % à un peu plus de 30 %. Le haut et le bas du tableau, eux, ne bougent pas.

L’âge du parc pèse. Le taux retenu est la moyenne des tranches d’âge les plus testées de chaque génération. Une marque dont le parc britannique est vieux — c’est le cas de Renault — paraît en partie moins fiable pour cette raison, indépendamment de la conception des véhicules.

Une mesure différente du contrôle technique français

Le MOT et le contrôle technique français (UTAC-OTC) ne suivent pas la même méthodologie ni les mêmes catégories de points contrôlés. Le taux national d’échec au MOT (~30 %) est d’ailleurs bien plus élevé que le taux national de contre-visite français (~19 %) : cet écart tient largement à ce que chaque pays compte comme un échec, pas à une supériorité mécanique du parc français. Comparer un classement de marques français et un classement britannique terme à terme demande donc de la prudence — et donne parfois des résultats opposés. Mazda, 4ᵉ marque la plus fiable en France, tombe au 20ᵉ rang au Royaume-Uni ; Honda fait le chemin inverse. Notre comparatif international détaille ces divergences modèle par modèle.

Explorer le détail par génération

Le site propose une fiche complète pour chaque génération suivie au Royaume-Uni, avec le taux d’échec par tranche d’âge et les défauts les plus fréquents par catégorie, sur /royaume-uni/. Le palmarès MOT donne le classement complet des 29 marques et les générations les plus et les moins fiables.

Données sources : DVSA MOT testing data (Royaume-Uni), Open Government Licence v3.0. Méthodologie complète sur la page méthodologie.

— À lire aussi